Scolopendre dans la maison : danger réel et comment s’en débarrasser

Une scolopendre dans la maison vient chercher de l’humidité, de l’ombre et des proies. Sa morsure est douloureuse mais reste en général bénigne pour un adulte en bonne santé. Pour s’en débarrasser durablement, il faut assécher les pièces humides et boucher ses accès.

Scolopendre ou scutigère : identifier l’intruse

Deux myriapodes entrent couramment dans les logements français, et on les confond souvent. La scolopendre méditerranéenne (Scolopendra cingulata) mesure de 8 à 13 cm et vit dans le sud-est de la France.

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La scutigère véloce est plus petite : de 3 à 5 cm de corps, brune avec des bandes noires. Elle porte 15 paires de pattes, les postérieures étant nettement plus longues, et elle file très vite sur les murs. Elle affectionne les caves et les pièces sombres et un peu humides.

Si la bête est longue, aplatie et d’allure trapue, avec des pattes courtes, il s’agit plutôt d’une scolopendre. Si elle ressemble à une araignée aux pattes interminables, c’est une scutigère. Les gestes de capture et de prévention ci-dessous valent pour les deux.

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Scutigère véloce sur un mur de salle de bain

Morsure de scolopendre : quel danger pour la famille

La scolopendre possède sous la tête des crochets reliés à une glande à venin. Une morsure provoque en général une rougeur localisée, une douleur, un gonflement et une sensation de brûlure ou de démangeaison, le plus souvent aux mains et aux pieds. Les cas se concentrent en saison chaude et pluvieuse.

La scutigère peut aussi mordre, mais seulement en dernier recours, quand elle se sent attaquée. Les enfants, les personnes allergiques et les animaux de compagnie, qui manipulent ou flairent la bête, sont les plus exposés. Pour savoir comment protéger enfants et animaux des nuisibles, le principe est le même : supprimer ce qui attire l’intrus.

En cas de morsure, nettoyez la plaie à l’eau et au savon, puis surveillez-la. Une rougeur qui s’étend, de la fièvre ou un gonflement qui augmente justifient une consultation, car une surinfection bactérienne a été décrite dans un cas clinique. Pour un nourrisson, une réaction inhabituelle ou un doute, appelez le 15.

Pourquoi la scolopendre s’installe chez vous

Elle recherche l’obscurité, la chaleur et l’humidité, et chasse la nuit. Le jour, elle se cache sous les pierres et le bois pourri, ou dans les maisons. Salle de bain, cave, vide sanitaire et buanderie réunissent ces conditions.

Les proies comptent autant : cloportes, petits insectes et araignées prospèrent dans les mêmes pièces. Un logement humide et peuplé d’insectes attire la scolopendre, et les épisodes pluvieux de fin d’été la poussent à entrer. Pour trouver son abri, inspectez la nuit, à la lampe, les bas de murs, les dessous d’évier et les recoins de cave.

Attraper ou éliminer la scolopendre sans se faire mordre

Le plus sûr est la capture : posez un bocal sur l’animal, glissez un carton dessous, puis relâchez-le loin de la maison. Portez des gants épais et gardez les mains à distance, avec une pince longue si besoin.

Évitez d’écraser la bête à main nue, car elle peut mordre en se débattant. Un insecticide en aérosol ou de la terre de diatomée déposée en fine couche le long des plinthes agissent sur les insectes de passage. Lisez la notice du produit, surtout avec des enfants ou des animaux. Les pièges collants placés le long des murs permettent de repérer les passages.

Assécher et colmater : les travaux qui empêchent son retour

Sans humidité, la scolopendre et ses proies partent d’elles-mêmes. Une VMC en bon état et l’aération de la salle de bain après chaque douche limitent la condensation. Un déshumidificateur en cave ou en buanderie complète l’ensemble quand l’air reste lourd.

Côté matériaux, les matériaux qui régulent l’humidité absorbent les excès de vapeur d’eau. Les interstices sous les plinthes d’un parquet doivent aussi être rejointoyés : voir la finition d’un parquet en pin pour ne pas laisser de fente.

Mains qui colmatent une fissure de plinthe au silicone

Posez ensuite un joint de bas de porte, bouchez les fissures au silicone et installez des grilles ou des moustiquaires sur les évacuations et les aérations. Chaque ouverture fermée est un accès en moins.

Autour de la maison : supprimer les abris de la scolopendre

Un tas de bois, de feuilles ou de pierres contre un mur sert d’abri de jour. Éloignez-le de la façade, dégagez le pied des murs de tout paillage épais et taillez les plantes qui touchent la maison.

L’éclairage extérieur attire les insectes, donc leurs prédateurs. Un éclairage moins intense ou orienté loin des portes réduit ce flux. Les oiseaux et d’autres animaux se nourrissent de myriapodes, sans qu’on puisse compter sur eux pour régler une invasion.

Quand faire appel à un professionnel

Des apparitions répétées malgré ces mesures, ou une présence dans une chambre d’enfant, appellent un spécialiste de la lutte contre les nuisibles. Il identifie l’espèce et traite les zones difficiles d’accès.

Une humidité structurelle (infiltrations, remontées capillaires) se règle à la source, et le choix des fondations a un effet direct sur la façon dont l’eau remonte par le soubassement.

Tant que le taux d’humidité reste élevé, de nouvelles scolopendres reviennent. Un diagnostic du bâti vaut alors mieux qu’un nouveau traitement.

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