Un taux de chlore dans les clous ne garantit rien. Les algues, elles, ne se laissent pas impressionner par une simple pastille désinfectante. Même avec un traitement régulier, certains micro-organismes s’accrochent et prolifèrent. Entre déséquilibres chimiques, coups de chaud et rayons UV qui s’en mêlent, garder une eau nette devient un défi permanent. L’environnement du bassin se transforme alors en terrain fertile pour les récidives, et les solutions classiques s’essoufflent.
Lorsque les paramètres clés échappent au contrôle, les protocoles habituels montrent leurs limites. Le chlore, parfois impuissant, oblige à repenser l’approche : explorer d’autres méthodes, combiner les précautions, pour que l’eau reste limpide, saison après saison.
Pourquoi les algues persistent dans une piscine malgré la présence de chlore ?
Une piscine bien entretenue peut, du jour au lendemain, prendre une teinte verte inattendue. Ce changement, que connaissent bien les spécialistes, révèle la capacité de certaines algues à défier le chlore. Plusieurs éléments entrent en jeu. Même si le taux de chlore respecte les recommandations, tout se complique si le pH, le TAC ou le TH s’écartent de leur plage idéale. À partir d’un pH de 7,4, le pouvoir désinfectant du chlore s’effondre, laissant la voie libre aux envahisseurs.
Les algues n’ont pas toutes le même profil. Algues moutarde, résistantes et coriaces, réclament des traitements particuliers. Les algues noires s’accrochent dans les moindres recoins, tandis que les algues roses colonisent liner et skimmers. Une simple désinfection ne suffit plus, surtout si les paramètres de l’eau oscillent.
Voici les principaux points à surveiller pour limiter la prolifération des algues :
- Un stabilisant (acide cyanurique) trop dosé (au-delà de 75 mg/L) réduit drastiquement l’efficacité du chlore.
- La présence de phosphates dans l’eau sert de carburant aux algues et réduit à néant l’intérêt d’un taux de chlore correct.
- Une température supérieure à 25°C stimule la croissance des algues, surtout si le soleil tape fort.
- Une filtration insuffisante laisse les micro-organismes se multiplier, notamment si l’entretien manque de régularité.
Loin d’être un simple problème esthétique, une eau verte peut exposer les nageurs à des risques sanitaires : irritations, infections, troubles digestifs. Chaque paramètre de l’eau agit comme un point d’appui, et le moindre déséquilibre peut renforcer la résistance des algues piscine.
Comprendre les facteurs qui limitent l’efficacité du chlore face aux algues
Le chlore ne fait pas de miracle lorsque certains paramètres de l’eau ne suivent pas. Le premier responsable : le stabilisant, ou acide cyanurique. S’il protège le chlore des UV, il devient un frein dès qu’il dépasse la barre des 75 mg/L. Résultat ? Le chlore reste dans l’eau mais ne joue plus son rôle d’oxydant, et les algues profitent du terrain laissé libre.
Le pH aussi mérite une attention constante. Dès qu’il grimpe au-delà de 7,4, le chlore perd jusqu’à 75 % de son efficacité. Les algues saisissent l’opportunité et prolifèrent rapidement. Le TAC (titre alcalimétrique complet) et le TH (titre hydrotimétrique) servent d’équilibristes : un TAC déséquilibré fait fluctuer le pH, un TH mal réglé favorise le dépôt de calcaire, qui piège le désinfectant.
Les facteurs suivants jouent un rôle non négligeable dans la résistance des algues :
- Phosphates : venus de la pluie, des végétaux ou des baigneurs, ces nutriments dépassant 100 à 200 ppb rendent le chlore inefficace.
- Température de l’eau : dès que le thermomètre dépasse 25°C, les algues accélèrent leur développement.
- Lumière du soleil : elle favorise la photosynthèse et booste la croissance des algues.
- Filtration : un système trop faible ou mal entretenu laisse les micro-organismes s’installer.
Voilà pourquoi un taux de chlore apparemment correct ne suffit pas toujours. L’eau peut sembler sous contrôle, mais le moindre déséquilibre laisse la porte ouverte aux algues. Une surveillance régulière et une analyse fine des paramètres s’imposent pour que le chlore piscine conserve toute sa puissance désinfectante.
Solutions concrètes pour éliminer durablement les algues dans votre bassin
En finir avec la prolifération des algues demande méthode et constance. Avant tout, vérifiez les paramètres de l’eau : maintenez le pH entre 7,0 et 7,4, le TAC entre 80 et 120 mg/L et le TH entre 100 et 250 mg/L. Le stabilisant doit rester sous la barre des 75 mg/L pour ne pas freiner l’action du chlore.
Si l’eau vire au vert ou si les algues s’installent, lancez un traitement choc au chlore, soutenu par un anti-algues adapté. Les algues moutarde ou noires, particulièrement résistantes, nécessitent parfois des produits à base d’oxygène actif ou de peroxyde d’hydrogène. Un floculant aidera à regrouper les particules fines pour faciliter l’aspiration par le système de filtration.
Pour des résultats efficaces, adoptez ces gestes clés :
- Faites tourner la filtration au moins une heure pour chaque degré de température de l’eau.
- Pensez à passer régulièrement le robot aspirateur ou le balai manuel pour décrocher les algues incrustées sur les parois ou le fond.
- Nettoyez les skimmers et surveillez la pression du filtre, qu’il soit à sable ou à cartouche.
Vérifiez aussi les phosphates : s’ils dépassent le seuil, éliminez-les pour priver les algues de leur ressource principale. Multipliez les analyses grâce à des bandelettes spécifiques. Un entretien précis et un suivi attentif des paramètres chimiques restent la meilleure garantie pour une eau cristalline et durablement préservée des algues.
Bons réflexes et conseils pour prévenir le retour des algues dans votre piscine
Les algues se glissent dans la moindre faiblesse de l’entretien. Pour leur barrer la route, misez sur un entretien piscine régulier et rigoureux. Chaque semaine, analysez l’eau avec des bandelettes d’analyse : gardez un œil sur le pH, le TAC, le TH, le stabilisant et les phosphates. Le moindre déséquilibre peut relancer la machine infernale malgré un taux de chlore apparemment satisfaisant.
- Faites fonctionner la filtration une heure par degré de température de l’eau, plus encore lors des périodes de forte chaleur.
- Nettoyez minutieusement parois, fond et ligne d’eau : le nettoyage manuel vient compléter l’action du robot.
- Pensez à utiliser un anti-algues préventif en quantité adaptée, surtout quand la météo se réchauffe ou après de grosses pluies.
Misez aussi sur une bâche opaque ou un abri de piscine pour limiter l’apport de lumière et de débris organiques, les meilleurs alliés des algues. Un abri protège aussi contre l’arrivée de phosphates. Après une forte fréquentation ou un orage, ajustez systématiquement le traitement. La constance et la réactivité, du contrôle de l’eau au nettoyage, font toute la différence pour une eau piscine limpide et durablement préservée des algues.
Un bassin sans algue, c’est possible. Rigueur, anticipation et gestes précis transforment la lutte contre le vert en simple routine. La récompense ? Une eau claire, prête à accueillir chaque plongeon sans mauvaise surprise.


